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Publié : 9 avril 2011

Chapitre II

La peur au ventre, je me retournai : personne. Des sueurs froides commencèrent à couler le long de mon front et mes dents s’entrechoquèrent dans un vacarme abominable : en effet, j’entendais toujours dans le creux de mon oreille le murmure presque imperceptible mais non moins glacé d’une jeune voix féminine qui essayait de m’emmener dans son domaine. Après un court moment de folie, je repris le contrôle de mes sens et je me mis à courir jusqu’à ma demeure. J’eus la désagréable impression d’être suivi lors de ma course et cette impression ne fit que se consolider lors de mon arrivée à mon domicile.

Comme j’approchais de mon modeste manoir doté de grandes fenêtres blanches ainsi que d’une ouverture en bois d’ébène, j’aperçus avec effroi que toutes les portes avaient été ouvertes de façon brutale : en effet, les gonds pendaient le long du chambranle, produisant ainsi un bruit abominable. Après m’être assis sur un banc afin de me remettre de mes émotions, je me rassurai en me disant qu’il ne s’agissait que d’une hallucination un peu trop vraisemblable. Tout en pensant à ce raisonnement, je me souvins d’un fusil dont j’avais fait l’acquisition depuis plusieurs jours, et je voulus soudain aller le chercher afin de mettre un terme à mes angoisses. Néanmoins, le fait de rentrer dans cette maison afin d’y prendre ledit fusil m’effrayait au plus haut point. Je pris tout de même mon courage à deux mains, et je pénétrai alors dans mon domicile.
Je me ruai dans la cuisine lorsque j’entendis un son de piano qui provenait de mon salon, piano qui me venait de feu mon père. Une bouffée de colère s’empara alors de moi et je pris l’arme à feu afin de percer à jour cet être mystérieux qui hantait mon manoir. Je me mis à souffler brutalement, et je me précipitai alors dans le salon en faisant sauter le verrou de la porte, la seule qui restait ouverte. Je découvris une salle vide, dont nul objet ne semblait avoir changé de place. Soudain, la porte se referma derrière moi, et, perdant de nouveau mon sang froid, je me mis à hurler de terreur et je chargeais de nouveau sur l’ouverture. Après de nombreux efforts, je finis par renoncer à tout espoir, et je compris enfin que le diable lui même s’était mêlé à la partie et voulait à tout prix ma mort. Pourquoi ? Je l’ignorais, mais, à cet instant, plus rien ne m’importait : je voulais que tout cela se termine vite et bien. Un brouillard blanc m’enveloppa soudain et je sentis alors mes pieds se soulever du sol. Je poussai un ultime râle d’effroi avant que la brume ne s’empare de mon corps, et j’entendis encore cet abominable rire machiavélique rempli de haine. Enfin, je tendis les bras vers le ciel et ce sont ceux de Morphée qui m’accueillirent, chaleureux, et je sentis enfin la paix dans mon âme.